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Mon bouclier est plus fort que le tien!

J’me souviens quand j’étais plus petit et que je jouais à la guerre avec mes G.I.JOE… Je prenais toujours l’armée américaine. Même en jouet, ils sont plus forts que les Canadiens. Un garçon de six ans est capable comprend ça. Voici donc mon histoire de G.I.JOE préférée.

Les Américains sont de plus en plus puissants. En fait, toute la maison est occupée par les Américains. Toute ? Non ! Mon carré de sable derrière la maison est toujours sous l’emprise de l’armée du désert, ces ninjas en camouflage beige et brun avec des trous dans le dos pour accrocher leur sac à dos. Alors que les G.I.JOE font la guerre pour maintenir la paix dans le carré de sable, Georges, le chef de l’armée américaine, discute avec ses acolytes à la base. « Nous devons mieux nous protéger, affirma-t-il, sinon, nous périrons ! » En effet, depuis que deux avions ont, tour à tour, détruit deux rouleaux d’essuie-tout américains où travaillaient plusieurs milliers de civils, Georges craint que d’autres attaques surviennent.

« Nous serons prêts ! Nous devons nous assurer que personne ne nous attaquera à nouveau. Pour ce faire, nous solliciterons l’appui de nos voisins d’en haut ». Georges emprunte alors l’escalier afin de rencontrer le Commandant Martin de l’armée canadienne. « À l’intérieur du plafond suspendu, nous allons installer une assiette en aluminium capable d’intercepter tout missile venant de l’étranger. Êtes-vous intéressés à vous impliquer avec nous dans cette histoire de bouclier antimissile ? »

De nature plutôt « suiveux », le Commandant Martin laisse entendre à son maître à penser qu’il acceptera. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que les Schtroumphs, ces petits êtres bleus du Québec, feraient pression sur lui afin qu’il refuse toute implication dans le projet de bouclier. Comme Martin est déjà un peu le Gargamel des Québécois – il a clairement besoin d’eux pour vivre -, il décide de prendre un peu plus de temps avant de rendre sa décision publique.

Et puis un jour, le Commandant Martin avoue. Non ! Il n’embarque pas. « Il n’est pas question pour le Canada d’envahir les plafonds suspendus avec des boucliers pour se protéger d’une attaque possible ». Comme ce bouclier n’a pas encore prouvé son efficacité et que de toute façon ce sont les Américains qui décideront de tout, Martin préfère investir son argent de Monopoly dans son armée plutôt que dans le bouclier. Plus d’argent, pour plus de fusils en plastique…

Georges retourne alors à sa base, choqué. C’est bien connu : les G.I.JOE sont des jouets puissants et rancuniers. « Que le Canada le veuille ou non, nous aurons ce bouclier dans l’plafond et nous prendrons seuls la décision de riposter. Personne n’attaquera l’Amérique ! »

Les conséquences de ce refus seront lourdes pour le Canada. Pendant plusieurs jours, les G.I.JOE resteront chez eux, au sous-sol. Même une des représentantes de Georges – une sexy Barbie répondant au nom de Rice – qui devait monter à l’étage canadien pour une rencontre importante, se désiste à la dernière minute. Les Américains refusent également que le bœuf provenant des étables Fisher-Price canadiennes passe l’escalier. Enfin, toute la question des bâtons de Pop Cycle en bois restera sans réponse jusqu’à nouvel ordre.

Rassuré d’être ainsi protégé par ce bouclier antimissile, Georges continu son carnage dans le désert. Quelques semaines plus tard, l’impensable se produit. Un radar américain détecte un objet volant non identifié qui s’approche dangereusement du Canada. Un missile ! Un missile en forme de bouteille de bière vide provenant vraisemblablement du carré de sable. C’est la panique à la base américaine. Un plan d’action est élaboré sur le grand Etch-a-sketch. « Tout le monde à son poste de combat », lance Georges. Dans 30 secondes, le missile touchera le garde-manger canadien, soit les prairies. Le bouclier pivote sur lui-même pour faire face à l’ennemi. 20 secondes. Le bouclier est en position. 10 secondes. Georges lance l’attaque ; le bouclier tire vers le missile. 5 secondes. Tout le monde retient son souffle. 4, 3, 2, 1. BOUM !

Failed ! Failed ! Failed ! Encore une fois, le bouclier a connu un raté. En effet, en tirant sur le missile, le bouclier n’a fait que faire dévier la trajectoire de celui-ci. Toronto en a finalement été la victime. Des milliers de bonshommes LEGO de l’Ontario sont morts. Les ninjas du désert ont rapidement revendiqué cette attaque. La confiance aveugle des G.I.JOE en leur bouclier antimissile a fait en sorte qu’ils ont oublié qu’un peuple qui se fait attaquer se donne toujours le droit de riposter. À cause de ça, le Canada ne sera plus jamais le même…

« Hugo ! Lâche ça pis vient souper ! » C’est ma mère. Moi, j’ai cessé de jouer à ce moment-là… Mais je dois avouer que vers la fin, c’était pus très drôle…

 

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